
Michael DELLON,
Président -Fondateur NaturaFunds
Une brève histoire de temps ...
La cohérence d'un parcours professionnel ne se mesure pas toujours à sa linéarité, c'est-à-dire à une apparente logique chronologique.
Michaël Dellon commence par le sport.
C'est par un cursus universitaire en sciences du sport, athlète, et moniteur sportif d'athlétisme auprès d'un public d'enfants et d'adolescents, qu'il vit ses premières expériences managériales.
Non pas les plus simples pourrions-nous nous contenter de dire…
Comment mobiliser de jeunes sportifs, là où on leur demande un effort physique ?
La piste synthétique lui apprend ce qui structurera toute sa praxis professionnelle — autrement dit, sa manière d'agir au quotidien : écouter, observer, mesurer, ajuster, répéter, encourager, féliciter.
La progression se construit millimètre par millimètre, séance après séance. Une patience méthodique qui n'a rien de passif.
Mais les débouchés professionnels se font rares. Il bifurque.
Une autre passion, un autre choix.
De toutes autres compétences à mobiliser, celles nécessaires pour restaurer des véhicules de collection. Ce qui le fascine ? Moins l'objet restauré que la praxéologie du geste lui-même — c'est-à-dire, l'étude du geste professionnel dans sa dimension technique et humaine. De la tôlerie de forme à l'usinage de précision, de la sellerie à la peinture de finition. Redonner une seconde vie physique à ce qui a été altéré par le temps.
Méthodiquement, patiemment. Comme on construit une performance athlétique : geste après geste, ajustement après ajustement. Il connaissait déjà cette maxime : "Faire ce que l'on peut avec ce que l'on a".
Mais au-delà de la dimension technique, il découvre les histoires humaines stratifiées dans ces objets : des pièces de monnaie issues de vacances lointaines glissées dans une restauration d'urgence, une coupure de presse utilisée en réparation provisoire suspendant ainsi le temps, l'histoire d'un proche disparu maintenu présent par cet objet transitionnel, objet qui maintient le lien avec une personne absente, devenu collection.
L'humain était déjà au cœur de ces transformations matérielles.
Dix années d'artisanat d'art s'en suivent. Placer le geste juste. Restaurer, façonner, redonner vie. Satisfaire le client. Optimiser et circulariser les ressources — en d'autres termes, limiter le gaspillage en réutilisant ce qui peut l'être. Connaître son impact négatif et le maîtriser.
Puis, surtout, œuvrer pour des impacts positifs et transmettre : à un apprenti compagnon du devoir.
En 2018, ses pratiques managériales lui valent la reconnaissance régionale "Pépite de l'alternance". Héritage du terrain sportif : l'articulation entre exigence sur le processus et bienveillance sur la personne fonctionne. Quelque chose se confirme alors : ce qui l'anime excède le geste technique pour embrasser sa dimension transmissive — autrement dit, la capacité à transmettre un savoir-faire et un savoir-être.
Puis survient 2020. La pandémie efface les carnets de commandes. Comme pour la plupart des artisans, les clients disparaissent du champ économique. Écouter, mesurer, prévoir... Il opte pour la cessation d'activité. Pas de dramatisation. Une fin de cycle. Les athlètes savent qu'il faut parfois interrompre la course, reprendre son souffle, évaluer le chemin parcouru, puis tracer une nouvelle trajectoire. Millimètre par millimètre.
La direction choisie : lire ce passé au prisme d'outils conceptuels complémentaires — c'est-à-dire analyser son expérience avec des grilles de lecture théoriques enrichissantes.
Un MBA universitaire en IAE, puis un Mastère Spécialisé en école d'ingénieur en ingénierie du management des systèmes intégrés (qualité, santé-sécurité, environnement, développement durable). En passant par un Executive Master à Sciences Po Paris en management des politiques publiques. Non pour collectionner les diplômes, mais parce que chaque étape enrichit sa compréhension de la systémie — autrement dit, de la manière dont les différentes composantes d'un système interagissent entre elles.
L'ingénierie des systèmes de management, le reporting de durabilité, la gouvernance publique : autant de modalités de "restauration" à une autre échelle, mais structurellement complémentaires. Non plus des véhicules, mais des organisations, des pratiques, des systèmes.
Le fil rouge persiste.
Cette même discipline acquise sur la piste synthétique. Diagnostiquer avec rigueur, planifier méthodiquement, mesurer objectivement, ajuster continuellement.
La transformation organisationnelle ne procède jamais d'une injonction verticale — c'est-à-dire d'un ordre venant d'en haut. Elle s'articule dans l'appropriation collective des enjeux, dans la construction de sens partagé. Sans fanfare, dans la constance du travail bien exécuté. Il sait que le sens au travail se trouve précisément ici : dans la définition même de se sentir utile à quelque chose qui nous dépasse.
Michaël Dellon se reconnaît comme locataire temporaire de cette planète. Il a choisi de mobiliser sa capacité à détecter les interdépendances systémiques — autrement dit, les liens souvent invisibles entre différents systèmes — pour contribuer à une transformation qui excède son existence individuelle.
Et les preuves s'accumulent discrètement. Certification environnementale ISO 14001 obtenue sans aucun écart en milieu contraint (établissement pénitentiaire). Labellisation RSE EcoVadis Platinium (Top 1% France). Recherche académique appliquée sur des thématiques actuelles et transversales. La méthode fonctionne. Pas besoin d'en faire des tonnes.
Aujourd'hui, il habite un marais forestier qu'il cultive en permaculture agroforestière — c'est-à-dire une agriculture qui s'inspire du fonctionnement des écosystèmes naturels complexes, la "Synthropie". Non par romantisme écologique, mais parce que cette pratique quotidienne incarne ce qu'il théorise professionnellement : écouter et observer les dynamiques existantes, composer avec elles, régénérer plutôt qu'exploiter. La permaculture n'est pas seulement une technique agricole, c'est une épistémologie appliquée — autrement dit, une manière de produire de la connaissance par l'observation et l'expérimentation — de la coopération avec le vivant.
Permaculteur au sens propre comme au sens métaphorique : révéler et embellir les potentiels singuliers déjà présents plutôt qu'uniformiser ou corriger.
C'est très exactement pour incarner cette cohérence que la société NaturaFunds a été créée. De son diminutif, NaFu signifie "Nous Savons" en Maltais, tout en renvoyant dans d'autres langues méditerranéennes à des notions de bienveillance et de sollicitude. Cette polysémie — c'est-à-dire cette multiplicité de sens — résonne avec la raison d'être statutaire : régénérer les écosystèmes naturels, sociaux et économiques.
Aujourd'hui, NaturaFunds accompagne entreprises et collectivités dans leur transformation durable. L'ambition excède le périmètre des missions individuelles : elle vise la transformation systémique de la société française au prisme de ce qui structure notre pacte social — le travail, privé ou public, marchand ou non marchand.
Mais Michaël Dellon sait qu'on ne remporte pas un 10 000 mètres sur un sprint final. On le gagne par la régularité de chaque foulée, sur l'ensemble du parcours. Le chemin se construit en marchant. D'un pas athlétique, méthodique, une mission après l'autre. Une foulée après l'autre.
Cette démarche pousse doucement... comme un chêne commence petit, et grandit solide.
Structure à taille humaine. Disponible, réactif, et impliqué.

